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poesie

NEW PATCHWORK 17 / THE DRUID AND THE BRIDGE

Publié le par Doctor S.F

Things being what they are, as I have the honor
To say it to you, I go, sir,
In language of real
Contesse, to try to put to sleep you
By the end of this one. You
You will thus remember, if it you
The surprise of the druid pleases,
When he lives the extraordinary bridge
That we avoit built on the riviere.

But before passing besides, it is
Good to warn you, that in the respect
Of the width of this riviere and of
The length of the bridge(deck), one you
Lied of seven or eight hundred leagues,
Both for the rarity of the fact and
For the convenience of the rhymes, and
That the Lord of Herbay, far
To be as well huge as you could
To imagine him(it) to you, étoit everything
In most that once so big and
Once so foolish as our friend S.

 

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The druid, who to put sound
Castle and his daughter outside insult,
Avoit surrounded with a wide
Ditch full of water, was only surprised
When he lives the effect of a delight
Against his;
He believed to have enough to laugh
Of all the bridges and all
Giants of the world; he was only
Embarrassed to guess who could
Be the author of this bridge.

Estimating
Not enough his neighbor d'Herbay for
Consider it charming,
He hastily runs to go through his books
To clear up of the fact, and
To knock down the bridge less
Of tems that he had raised:
But when all the books that he
Opened taught him nothing, it  was
In a big embarrassment; embarrassment
Which is converted in a sadness
Strange, when he lives that he cherchoit
Pointlessly the one who contenoit
All the secrets of his art.
It  defended the reading in his
Girl, to whom he never had anything
Defended that it, and some soûmise
That she had always be in her
Wills, he was afraid that the curiosity
For a matter expressly
Forbidden, had taken him
On his obedience. It was in
These allarmes that he found her as is
That we left her.

He awakened her
Quickly to ask her
Short stories of this book
If need be her intentions: but
It was to teach it to her indeed
Others than she spoke. Of
The maniere of which she came of
Fall asleep, I would have sworn that in sound
Awakening she went address in
Druid, by saying to him: big commander
Believer but
Her distraction changed object,
And throwing in her foot : my father,
She says, I lost him, and if you
Return it to me, you will see me
Die from despair, because it is
More tems to hide my foiblesse,
Nor to hide my murder. Yes
I lost it . what! Exclaimed
Druid, not only, Girl,
You broke me: but you
Lost what was me most
Dear to the world after you!

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NEW PATCHWORK 13 / LE NEZ QUI VOQUE

Publié le par New Patchwork

Poésie

Glané au hasard de leurs œuvres pour l'édification ( érection ) des races

( d'Erasme ) par Réjean Ducharme, suivi de la préface à son roman

Le nez qui voque

" Ah comme la neige a neigé ,

Mon cœur est consumé de givre .

Qu'est-ce que le spasme de vivre .

A la douleur que j'ai, que j'ai ? " ( Emile Nelligan, de mémoire . )

" Ah ! " ( Colette . )

" Je me … " ( Barrès . )

" Oh ! " ( Kierkegaard . )

" Ah ! " ( Platon . )

" Sur la … " ( Mauriac . )

" Ich … " ( Hitler . )

" Ils … ne … la … votre … votre … leur … " ( Musset . )

" Ah ! " ( George Sand . )

" Il fait … " ( Gide . )

" Les Messieurs de vos a semblez … " ( Iberville )

" Un estourdi plein de présomption angloise … " ( Iberville )

" Nous rencontrâmes un baleinier Américain qui faisait la pêche à la baleine . "

( Léandre Ducharme . )

" L'auteur sollicite l'indulgence pour la qualité de cette production . " ( Léandre Ducharme . )

" Le beau n'est pas nécessairement difficile à faire. Le beau n'est pas nécessaire. Le beau n'est pas. Le beau nez ! " ( Auteur imaginaire . )

Quel est celui de ces deux pronoms démonstratifs qui est le meilleur : cela , ça ? Si c'est ça ce n'est pas cela et si c'est cela ce n'est pas ça .

Un ciel de lit regarda un ciel et lui dit :

  • Je ne suis pas un ciel de lit . Je suis un ciel .

Un ciel, qui ne voulait pas être pris pour un ciel de lit par les autres ciels, regarda les autres ciels et leur dit :

  • Je suis un ciel . Je ne suis pas un ciel de lit . Je ne suis pas un homme de lettres . Je suis un homme .

 

Réjean Ducharme, auteur du Nez qui voque , roman paru aux éditions Gallimard en 1967, est né en 1941 à Saint-Félix-de-Valois [ Québec ], a fait les métiers les plus divers et a voyagé aux Etats-Unis et au Mexique. Il a publié huit romans, fait jouer quatre pièces, a écrit des scénarios de films et des chansons.

 

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NEW PATCHWORK 11 / JULIEN GRACQ, POETE DE LA GEOGRAPHIE ET DE L'HISTOIRE

Publié le par New Patchwork

Julien Gracq, poète de la Géographie et de l'Histoire

Le Rivage des Syrtes est avant tout le récit d'une destinée tragique, celle de la seigneurie d'Orsenna, un vieil empire figé et déclinant, vivant seulement de sa gloire passée. Sa torpeur est à l'image de la guerre qu'elle livre depuis trois cents ans au Farghestan, pays situé sur l'autre rivage de la mer des Syrtes. Un roman de guerre, d'une guerre longtemps assoupie par l'oisiveté d'une seigneurie voluptueusement enlisée dans ses Délices de Capoue, mais qui ne tarde pas à se ranimer dans les esprits et dont le souvenir déchaîne les passions. Le héros du roman, Aldo, jeune officier dépêché sur le rivage des Syrtes, est l'instrument d'une narration au contenu épuré, qui en dépit de dialogues grandiloquents et d'excursus se noie dès les premières pages dans un " Océantune " descriptif où s'affirme dans des portraits dénués de psychologie le héros gracquien, sorte de " plante humaine " insérée dans un terreau précis et au sein d'un univers de sensations générées par des sons, des visions, des odeurs, des hantises, des impressions tactiles ou encore des effets synesthésiques.

Julien Gracq crée de cette manière un univers un peu baudelairien comme le suggère l'article Richard Wagner et Tannhaüser à Paris, dans Les Fleurs du Mal, un univers des sens dominé par des couleurs et des sons qui génèrent intuitivement des idées et contribuent à la formation d'un univers poétique. La prédominance de la description sur la narration induit celle de la poésie sur un récit au contenu narratif épuré se fondant sur quelques strates géo-historiques conséquentes mais sans réelle substance. Alors jaillit dans la magie du verbe gracquien un authentique récit poétique qui n'a rien à envier à l'œuvre surréaliste d'André Breton mais s'en est plus ou moins inspiré quant aux visions. Des surréalistes, Gracq a retenu le primat de l'image, et donc la primauté du visuel. Il a comme son héros Aldo " les yeux bien ouverts " sur la beauté de son univers. Le personnage gracquien est dans son essence même un être de l'attente, hypersensoriel et capable de générer des sensations fortes propres à la description poétique de lieux " hantés " où le paysage est vivant et comme chargé d'électricité.

De telles descriptions de contrées désertiques comme les steppes, les lagunes, les jardins édéniques ou les faubourgs nocturnes contribuent à un effet d'étrangeté et d'insolite, et font en même temps de son roman Le Rivage des Syrtes une véritable poésie de la géographie. Les rimes du poème se retrouvent alors dans l'accord entre les personnages, l'environnement et les sentiments. C'est un accord que rend possible une sorte de porosité générale des êtres et de l'univers.

Julien Gracq se révèle être de facto un " poète de la géographie et de l'histoire ", disciplines intrinsèquement liées: libéré à la fois de toute chronologie vraie, comme de toute morphologie géographique orthodoxe, c'est leur continuum épuré qui sert de substrat au Rivage des Syrtes. Le cours du récit poétique gracquien dévoile des collusions de la géographie et de l'histoire dans les descriptions, telle la reprise du thème de " la ville - repliée - derrière - ses - murailles ", qui suscite la remémoration des dynasties de l'Empire de Chine, les allusions à l'Italie de la Renaissance ou aux époques de grandeur de la république vénitienne. Mieux, la fin du roman fait irrésistiblement penser au climat des années trente.

Bref, c'est une mosaïque subtile et harmonieuse de morceaux empruntés à des strates géo-historiques différentes, sous l'apparence de citations explicites, de références ou d'allusions linguistiques. En l'espace de quelques phrases peuvent ainsi se confondre plusieurs couches spatio-temporelles. Julien Gracq devient " poète de l'Histoire ". Un long poème en prose stratifiée dévoile ainsi au fil de la métaphore et de la figure d'analogie une épaisseur poétique redoublée et une mise en perspective historique de l'intégralité du commentaire enrobant la " fable " du roman.

 

 

Le Farghestan, sorte de " far west " oriental, avec sa désinence " -tan ", celle de Pakistan, d'Afghanistan, de Turkménistan, est bien une terre promise, mais également une frontière: la frontière. Le mythe du western, véhiculé dans le monde entier par la culture médiatique américaine à tort et à travers, comme pour compenser une histoire un peu trop récente, s'avère récurrent du fait des images haut en couleur des grands espaces et de la propagation d'un esprit pionnier.

Dans son chef d'œuvre Le Rivage des Syrtes, plus que partout ailleurs dans ses livres, Julien Gracq démasque l'artiste singulier qui vit en lui, l'artiste de " la mise en écho généralisée de l'Histoire ". C'est un poète de l'histoire plutôt qu'un philosophe. Il affirme son identité de poète par cette œuvre majeure de la littérature du vingtième siècle mais également par sa manière de parler de lui-même au travers d'autres écrivains comme Ernst Jünger et Les Falaises de marbre, Oswald Spengler et Le Déclin de l'Occident ou Chateaubriand le grand romantique et ses Mémoires d'Outre-Tombe. Ainsi par ses transferts inconscients d'écrivain se reconnaît-il lui-même au fil d'un auto-portrait comme un poète de la Géographie et de l'Histoire.

 

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