Elle est allongée, inerte, sur le lit à baldaquin. Elle est nue. Son regard oscille des petits doigts de fée de ses mains charnues au blanc de poulet de ses seins amorphes. Elle gît là sur des draps maculés de sang où alternent de par en par le blanc et l'écarlate. Sur l'oreiller repose une fine lame trempée dans la lymphe. Ce doit être une dague. Elle est morte. Sa trachée artère est transpercée de par en par. Quelle abomination! C'est lugubre, d'autant plus que la nuit est tombée et seule la lueur de la pleine lune offre quelque lumière aux fenêtres dépourvues de volets…
Mais il n'y en a aucune comme cela dans cette maison de campagne au milieu d'un hameau déserté par la déruralisation. Cette nuit là, il ne doit pas y avoir âme qui vive en ce bled perdu. Qu’est-ce qu’un assassin peut venir faire dans un endroit pareil ? Une histoire de famille ? Depuis combien de temps est-elle morte? S'est-elle suicidée? A-t-elle succombé sous les coups d'un tueur à la dague? Rien n'est vraiment déterminé: on peut admettre qu'elle se soit transpercée la trachée artère toute seule. Effroyable mais vrai: sa mort a dû être atroce…
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