
Rouletabille monte dans son véhicule, met sa ceinture de sécurité, tourne la clé de contact et démarre : direction Neuilly Plaisance par le périphérique. Il a repris son journal : un gros titre en première page à propos du drame de la banlieue. Tout d’un coup, tournant la page de la main droite tout en tenant le volant de la main gauche, il tombe sur un chapeau : « Après les premières émeutes urbaines qui sont parties la veille du 11 novembre de Montereau-fault-Yonne et de Dammarie-les-Lys, toute la semaine à été marquée par une succession de flambées de violence dans plusieurs localités de la Seine-et-Marne : le 11 novembre, c’était le tour de Pamfou où une quinzaine de chalets en bois ont été incendiés par des bandes organisées de jeunes voyous circulant à bicyclette. Puis les 12 et 13 novembres, plusieurs cités, à Meaux et à Melun, ce sont embrasées. Le 14, un attentat meurtrier détruit presque entièrement la mairie de Moret ; et le 15 c’est au tour de Fontainebleau. Dans la nuit du 16 au 17, les émeutes ont presque toutes recommencé en même temps dans ces localités seine-et-marnaises, et pour la première fois aujourd’hui semblent se poursuivre en plein jour. L’actualité internationale : une délégation du ministère de l’Intérieur attendue à Bamako… »
Le reporter vient de reposer son quotidien sur le siège avant, repensant à son monologue matinal qui l’a conduit à cette hypothèse selon laquelle l’assassin de Marco Valaque est le même que celui du vigile de l’Assemblée Nationale, et qu’il ne fait toujours qu’un avec le meurtrier de Linda et ses compagnons. Qui plus est, le député de Seine-et-Marne doit avoir fait connaissance avec lui, peut-être lors d’une soirée où il recevait des invités. Réfléchissant à tout cela, il finit par arriver à Neuilly Plaisance, passe devant le commissariat de police, puis retrouve la rue qui mène au pavillon du député. Deux policiers sont postés à la grille et il leur montre sa carte de journaliste. Cela ne suffit pas et l’un des deux policiers se dirige avec cette carte jusqu’à la porte d’entrée du pavillon qui surplombe un escalier de pierre. Il semble s’adresser à quelqu’un et même converser puis revient à la grille où l’attend le reporter : « Je suis désolé mais Monsieur Pèrétin ne veut pas vous recevoir. Il a déclaré ne pas avoir besoin de vos services. Il a ajouté que les nôtres lui suffisent largement. » Le visage empourpré par la colère, le reporter de l’Epoque vocifère : « Comme c’est regrettable ; ce Pèrétin pourrait peut-être à l’heure qu’il est me révéler le nom de l’assassin ! »
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||