Rouletabille et le serial killer
Le feuilleton littéraire mensuel des nouvelles aventures de Rouletabille - n°13 de janvier 2009
Treizième épisode: UN CARNET COMPROMETTANT
Joseph Rouletabille réfléchit quant au seul indice qu’il détient véritablement sur l’affaire de la rue Scribe : ce carnet trouvé dans l’herbe, sur le talus contigu à la grille en fer forgé du pavillon de Neuilly-Plaisance. Cela l’intrigue mais il n’en a pas parlé à la police, à qui cet indice là avait bel et bien échappé. Il ressort d’un tiroir de son bureau le carnet en question et recommence de le feuilleter. L’agenda est entièrement vierge alors que c'est déjà novembre et c'est seulement vers la vingtième page qu'apparaissent le nom et l'adresse de M. Marco Valaque… à côté de celui d’un député francilien, Camille Pèrétin. Mais curieusement, l’adresse du député n’est pas mentionnée ; il n’y a aucune indication en ce sens. Non, on n’écrit pas le patronyme d’un député de Seine-et-Marne à côté de celui d’un quidam sans coordonnées. Ou alors de deux chosesl’une : soit le propriétaire de l’agenda sait pertinemment où habite le député et n’a pas eu besoin d’indiquer ses coordonnées mais projette de lui rendre visite, soitle carnet est justement celui du député.
Voilà qui devient bien compromettant pour le député seine-et-marnais, à ce compte là… oui, bien sûr, mais il y a quand même une troisième possibilité : le possesseur de l’agenda est allé voir Marco Valaque ; celui-là lui aura indiqué les nom et prénom de ce député, et puis… Mais évidemment : l’agenda peut très bien appartenir à l’assassin qui aura soutiré le renseignement à Marco Valaque avant de lui trancher la gorge et de mettre le feu à des papiers journaux, ce qui aura provoqué l’explosion de gaz en question ! Le temps que le feu atteigne la bouteille de gaz, il pouvait prendre rapidement l’ascenseur et se retrouver suffisamment loin dans la rue au moment de l’explosion. Après, il n’avait plus qu’à monter dans une voiture, rejoindre le quartier de l’Opéra, puis se diriger vers le périphérique de la banlieue… Il n’avait alors plus qu’à se rendre jusqu’à Neuilly-Plaisance et à rejoindre, toujours véhiculé, le pavillon en question qu’il devait donc connaître pour s’y être déjà rendu. Alors jaillit l’hypothèse encore improbable jusque là : ce député a fait un jour connaissance avec le meurtrier de sa propre fille !
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